Est ce qu’on se lasse ?

Dimanche matin. 6h42. Je suis couchée depuis 4 petites heures. J’ouvre un oeil, un deuxième, une oreille, oui oui c’est bien toi que j’entends chantonner dans la chambre voisine. Je prends ce qu’il me reste de force et de courage dans mes 2 mains, je râle un peu (pour la forme) et je me lève (m’extirpe du lit) pour aller faire chauffer le bib.

Et puis je rentre dans ta chambre encore dans le noir, tu arrête de parler un instant parce que tu m’as entendu, j’allume la veilleuse, je m’approche du lit …. et ce sourire qui s’accroche sur ton visage, et ces yeux qui pétillent parce qu’ils viennent de reconnaître celle qui se penche au dessus de toi, et ces petits bruits qui veulent dire combien tu es content de me voir ! Et la fatigue, et les cernes, et les pieds froids, et tout le mauvais qui disparaît parce que tu as ce pouvoir sur moi.

Est ce qu’on se lasse un jour de ça ?

Il est 19h45, tu tombe de fatigue après une longue journée chez ta nounou. Je te donne ton biberon du soir, en te gardant contre moi, dans notre bulle, quelques minutes, pour profiter de toi et de ton odeur quelques instants avant que tu t’endorme. On est assis tous les deux sur le grand tapis de ta chambre, à écouter le silence, tu ferme à demi les yeux en tétant, et ta petit main cherche ma peau, se pose sur mon bras, et tu me fais de tendre caresses, ce sont tes câlins à toi, ta façon de me dire que tu apprécie ce moment autant que moi, qu’il t’apaise et te rassure, ta façon de me remercier et peut être aussi de me dire « Je t’aime ». Et mon cœur qui chavire à chaque fois comme si c’était la première fois,, et ce frisson qui me parcoure comme la traduction de tout l’amour que tu m’envoie.

Est ce qu’on se lasse un jour de ça ?

Et toutes ces « premières fois » : premier sourire, premier rire, première dent, première colère, premières purée, premier caprice, premier vêtement dans telle taille, première syllabe, premier ceci, première cela, et vas y qu’on appelle mamie, papy, tonton, la voisine, la factrice , pour annoncer la nouvelle. Et ce même sentiment de victoire à chaque de ces « premières » étapes, qui seront pourtant mille fois renouvelées et surpassées, mais qu’on a envie de porter comme un trophée, et que même la médaille d’or ne serait pas suffisante comme juste récompense.

Est ce qu’on se lasse un jour de les compter ces premières fois ?

Est ce que c’est possible de trouver ça banal à un moment ?

Je ne sais pas, et je ne m’étais d’ailleurs jamais trop poser la question jusqu’à ce qu’une maman publie cette petite phrase sous une de ces vidéo sur Instagram. Cette toute petite phrase mélangée à d’autres, qui aurait pu passer inaperçue mais qui a raisonné en moi si fort : « Est ce qu’on se lasse un jour de ça ? »

Ça arrive surement, un jour, avec l’âge, avec le temps, avec les petits frères et les petites sœurs qui arrivent, parce qu’on a moins le temps de trouver tout fabuleux, parce qu’on ne regarde plus avec les mêmes yeux, on banalise un peu, on félicite un peu moins.

Continue de m’émerveiller mon bébé, de vouloir attirer mon attention par tous les moyens si jamais tu vois que je m’égare.

Et solennellement, je te fais cette promesse de jamais me lasser, ni des premières fois, ni des suivantes, de toujours t’encourager, de jamais trouver quoi que ce soit banal, ni les sourires, ni les câlins, de ne jamais laisser le temps, l’âge ou la vie nous éloigner l’un de l’autre, tu seras toujours mon tout petit et je serai toujours ta maman.

A vie, je ne me lasserai pas de toi.

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15 réflexions sur “Est ce qu’on se lasse ?

    • C’est exactement la réflexion que je me faisais il y a peu de temps, je repensais aux nuits blanches durant lesquelles je m’endormais durant la têtée, et maintenant , seulement quelques mois plus tard, tout cela me paraît déjà si loin

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  1. Trés joli article !
    Mon fils va avoir 6 ans dans quelques jours et je peux te dire que je ne me lasse pas. Je vais toujours le voir dans son lit quand il est endormi, je mets toujours mon nez dans ses cheveux pour le sentir, ce matin il est encore grompu sur mon dos pour aller au petit dej (bon ça, ça ne durera plus trop lont temps alors je profite! )… la relation est différente de celle qu’on a avec un bébé, mais c’est bien aussi. Je m’émerveille encore chaque jour. Et je ne m’en lasse pas!
    Je te souhaite une belle journée.

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  2. Même quand ils sont ados et qu’on aurait bien envie de [biiiiiipppp] ou encore de les […rebiiiiippppper], on ne se lasse pas des moments, des sourires, tout ce qui fait la complicité, et on se souvient avec la même sensation de tous ces moments où déjà bébés ils avaient ce pouvoir de nous faire gonfler le coeur 🙂

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  3. Bravo beau témoignage vraiment; puis on se retrouve forcément dedans.. c’est admirable vous écrivez bien avec un tel ressenti, c’est juste beau, touchant/ poignant pour une maman à lire Ca regorge d’énergie positive et ça regonfle le moral.
    Bravo aux témoignages aussi ds les commentaires c’est vrai qu’on ne se lasse pas et que ça (semble passer)/passe tellement vite.. Je me souviens on n’avait de cesse de me répéter à la maternité « Tu verras ca passe trop vite » 8 ans et je me souviens des premiers instants etc comme ma grossesse comme si c’était hier!.. ☆merci 😉

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  4. Oh non on ne se lasse pas!maman d’un petit garçon de 2 ans et demi et maman d’une petite fille née le 12 avril 2016!vos mots m’ont émus car je me retrouve dans chacuns de vos mots!merci pour ce si bel article!

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