Et des baisers-feux-d’artifices

Jessica et Xavier - 1er Aout 2015_-113
Photo : Magalie Doisy

Certains diront qu’on s’est rencontré par hasard. Moi je crois que le hasard n’y est pour rien ou qu’il a joué finement son coup. J’aurais préféré que notre rencontre soit digne des plus grands films à l’eau de rose des studios hollywoodiens, qu’un ami commun se pose en parfait entremetteur. On aurait pu se rencontrer dans un bar, au travail, dans une soirée, à la plage, à un concert de Jean Jacques Goldman… et en fait non, on n’aurait pas pu et on se serait loupé. On est nés dans les années 80, on fait partis de cette génération hyper connectée et solitaire à la fois. A l’heure des réseaux sociaux et du virtuel, on s’est rencontré sur la toile, on aurait tous les deux préféré qu’il en soit autrement, ça aurait été plus sympa à raconter à nos petits-enfants, mais avec du recul, c’est la meilleure solution que le hasard ait trouvé pour qu’on ne se passe pas à côté. On a vécu nos vies en parallèle pendant à peu près 25 ans, on s’est frôlé, rapproché, éloigné, on en a bavé l’un et l’autre, mais c’est peut-être ce qu’il nous fallait pour savoir, le moment venu qu’on était là, l’un et l’autre au bon endroit, au bon moment, avec (enfin) la bonne personne.
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9 septembre.
9.9
Y voir un signe. Voir de la magie dans les chiffres et décider d’en voir partout.
Oser timidement se rencontrer après 10 jours de longs mails échangés. Trouver ça tellement évident. Trouver tout tellement plus évident.
Moi l’indépendante autonome sans attache, Lui le « cœur brisé » romantique et finalement si attachant.
Parce qu’Il m’a fait rire en me demandant si je préférais le course à dos de poney ou la chasse aux papillons, alors que j’aurais pu fuir. Parce qu’Il n’a pas fui quand je lui ai avoué mes travers et mes failles. Tout aurait pu mal tourner. Mais rien n’a jamais si peu foiré.
Moi qui voulais donner l’impression d’être sure de moi et non impressionnable alors que je tremblais comme une feuille ; Lui qui n’osait même pas me regarder dans les yeux mais qui a osé m’offrir ce premier baiser.
Nos paradoxes et nos adversités se sont si bien entendus que ça en était déroutant.
On commence la soirée autour d’un Monaco, et puis ni l’un ni l’autre ne veut interrompre ce qui est en train de se passer (on n’arrête pas un feu d’artifice en plein milieu, c’est sacrilège), il est l’heure de manger, on s’accorde sur un macdo, et je vous jure que c’est le « premier diner » le plus romantique qu’il m’ait été donné de vivre. Il est 23h, on est seuls au monde, à grignoter nos Big Mac et nos sunday caramel. Je ne veux pas rentrer, Lui non plus, trop peur d’interrompre la magie du moment, peur que la prochaine fois ça ne semble pas si simple, ou qu’il n’y ait pas de prochaine fois. On continue ? Un Mojito fera l’affaire, qu’importe le prétexte, pourvu qu’Il soit là. Mais chaque verre a un fond, et chaque soirée une fin. On peut mettre pause ? Rien à faire, les minutes défilent. Il me raccompagne à ma voiture, je ne peux décrocher ni mon regard du sien, ni le sourire sur mes lèvres. Et le bouquet final, le baiser, celui que j’attendais, le hasard a rencontré mon destin, ni trop tôt, ni trop tard, à la seconde près, le baiser le plus doux et le plus violent de ma vie, ça explose dans mon cœur et dans ma tête. Je suis là où je dois être, tout est clair. Après toutes ces années à me convaincre que mieux vaut être seule que mal accompagnée, j’ai la certitude dorénavant que ma solitude a trouvé plus fort qu’elle et que ce sera Lui ou personne.
Le retour chez moi me parait long, et en même temps, je survole ma vie à cet instant, je suis en dehors de moi, dans une autre réalité, je vois ce qui m’entoure mais je n’ai plus le contrôle sur rien, seules les personnes qui ont déjà été amoureuses, mais vraiment amoureuses, pourront comprendre cette sensation.
Le lendemain je ne pense qu’à lui, attendre jusqu’au soir est un supplice.
Le soir arrive. Je trépigne d’impatience comme une adolescente qui a son premier rencard. Je me trouve ridicule et parfaite à la fois. Il arrive, avec une mini orchidée et un livre (dont Il m’a parlé et qu’Il m’a conseillé). Cette fois ci on est un peu moins timide, plus sérieux, plus posés, on se dit qu’on va aller dans un vrai resto, et puis tout redevient si naturel, comme si les conversations de la veille ne s’étaient jamais interrompues.
J’ai le sentiment de l’avoir toujours connu, je termine ses phrases, Il comprend quand je bafouille. Au fil de nos conversations, on se découvre tant de points communs que c’est presque flippant, le monde semble si petit tout à coup et on réalise à quel point on aurait pu se rencontrer déjà mille fois mais que ce n’était simplement pas le bon moment.
Il reste pour la nuit, puis les nuits suivantes, Il repart chaque matin et revient chaque soir. On passe nos nuits éveillés pour être certains de ne pas perdre une seconde de ce temps si précieux ensemble et de peur que la magie s’éteigne au réveil. Je vis un rêve éveillé. Parfois, quand je m’assoupis, je le surprends à me regarder dormir à mon réveil. On parle de nos futurs qu’on n’imagine plus qu’ensemble dorénavant. Tout va si vite (trop vite diront certains, on s’en fout c’est rien que des jaloux et des mauvaises langues), on s’attendait depuis si longtemps. Fin septembre, on se dit que c’est peut-être plus simple qu’Il emménage pour de bon au lieu de « squatter » et de repartir avec sa valise chaque matin. Fin octobre on adopte un petit chaton, comme le symbole vivant de notre « nous ».

Je suis heureuse.
Je vois ma vie avec une nouvelle paire de lunettes toute rose et, putain, qu’est-ce que ça fait du bien. J’éclabousse la terre entière de ce bonheur trop grand pour être contenu dans mon petit cœur, ça déborde de partout, ça dégouline encore plus qu’un magnum en plein soleil, j’ai envie de sourire tout le temps, j’ai l’impression d’être Miss France le soir de l’élection.
J’ai envie de crier à tous ceux qui ne m’ont pas trouvé assez bien avant, que Lui, Il a vu qui j’étais et que c’est tellement mieux que eux ne s’en soient pas rendus compte (merci les mecs !)
Il me trouve belle même le dimanche, les cheveux pas coiffés et en pyjama, Il me trouve drôle même avec des blagues Carambar qui ne font rire que moi. Il aime passer des samedis soirs à regarder des séries, Il aime mes plats ratés, brulés, pas assez salés autant que ceux que je réussis, Il m’aime les cheveux courts, les cheveux longs, Il m’aime forte, Il m’aime fragile, Il aime quand je chante faux, Il aime que je sois sérieuse autant que délurée. On est tellement pareils et tellement différents à la fois, il est tout ce que je suis et ce que je ne suis pas aussi. Il est moi mais en mieux. Il sait me faire rire quand je suis au bord des larmes, être détendu quand j’angoisse, avoir les pieds sur terre quand je m’emballe, et viser la lune quand je doute, Il croit en moi plus que moi-même. Il est aussi simple que je peux être compliquée, aussi rêveur que je suis terre à terre, aussi humble que je suis fière, aussi indulgent que je suis rancunière. Il aime les pays nordiques autant que je rêve des caraïbes. Il me laisse toujours la fin du pot de Nutella et le dernier carré de chocolat. Il me sauve de toutes les araignées. Il arrondi tous mes angles et déverrouille toutes les portes. Il peut m’énerver comme personne d’autre, et appuyer là où ça fait mal car Il est celui qui me connait le mieux, Il sait quand je me mens à moi-même, Il connait mes « faux » sourires et mes vraies colères.
Il n’a pas eu besoin de me demander, je Lui ai déjà dit tous les « oui » du monde : j’ai dit oui pour toutes les galères, les découverts, les pannes de voiture ou de machine à laver, toutes les disputes qui ne serviront à rien mais qu’on aura quand même, oui pour toutes les réconciliations, toutes les frayeurs, les maladies, oui pour toutes les petites victoires et les grandes déceptions, oui pour toutes les tempêtes.
Je rêvais d’une histoire d’amour, il m’a offert mieux que ça : mieux qu’un grand huit les yeux grands ouverts, mieux que tous les épisodes de Twilight et que toutes les nuances de Grey, mieux que le pop corn au cinéma ou la chantilly d’un chocolat liégeois.
Il m’a offert un bon pour du bonheur à durée indéterminée et des baisers-feux-d’artifices.
Il m’a offert mon plus beau rôle avec un mini-Lui qui j’espère  lui ressemblera.
Il est mon toit, il est mon phare, mon meilleur ami, mon coach, mon amant, mon associé, mon partenaire, mon héros, mon refuge, mon repère.
Et ensemble ils sont mon tout, mon monde, mon sol et mon ciel, mes racines et mes ailes, mon sucre et mon sel.

IMG_1157 (retouche)

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