Et de l’amour inconditionnel

 

Mon ange 17012017-6
Photo : Xavier Mouton Photographie

Ca fait 6 mois que je ne suis pas venue par ici, que je n’ai rien écrit.
J’ai eu du mal à m’y mettre. Non pas que je n’ai pas d’idées, elles trottent partout : dans ma tête, sur des post it, dans mes carnets et sur mon portable.
Non pas parce qu’il m’est difficile d’écrire sur toi, ou parce que je refuse de voir le temps qui passe, encore moins parce que je n’y accorde pas d’importance, non c’est justement tout l’inverse.
Je préfère passer mon temps à vivre à tes côtés, que de le passer à conter ce que tu vis. Et le temps est réduit, rationné, et plus on en manque plus on court après, je grapille comme je peux quelques secondes par ci par là et je repousse sans cesse le moment de me poser pour jeter quelques lignes de nos souvenirs.
Mais ton papa me rappelle à l’ordre souvent : tu dois le faire, continue d’écrire, pour lui, pour nous, pour qu’on se souvienne de tout ca plus tard, quand il sera bien trop grand pour qu’on puisse encore respirer l’odeur de son cou, pour qu’il voit combien on l’a aimé dès le premier jour et chacun des jours qui ont suivis, fais le !
Alors je m’y mets et à l’approche de tes 18 mois (moins 3 jours exactement) je reprends la plume (enfin le clavier hein, entendons-nous bien !)
Tu as encore l’âge où je peux t’appeler « mon bébé » sans que tu ne lèves les yeux au ciel, j’en profite encore un peu, je peux aussi encore te porter sans craindre un tour de rein, je réussi à te faire rire en te faisant des guillis et des bisous qui chatouillent.
Tu as encore l’age où tu aimes de manière inconditionnelle, mais ca ne dure pas, à ce qu’il parait, alors j’en profite encore un peu.
J’ai entendu un jour que pour les enfants, les parents sont des Dieux, inattaquables, inébranlables, leurs modèles, leurs mentors, leur références.
Puis les choses se compliquent, les personnalités s’affirment, chacun veut avoir le dernier mot et ne pas céder de terrain, les enfants commencent à s’opposer puis à rejeter leurs parents, puis les enfants devenus de petits adultes finissent par les critiquer.
Me rejetteras-tu un jour ? Me critiqueras-tu, m’en voudras-tu tellement fort que tu me tourneras le dos pour un temps ? Reviendras-tu si cela devait arriver ?
Bien sûr on ne sera pas toujours d’accord : tu ne voudras pas dormir, puis tu ne voudras probablement pas aller à l’école un matin ou un autre, un beau jour, tu voudras un smartphone, un accès internet, un scooter et je m’y opposerai, pendant un moment, par principe ; tu voudras trainer dehors après le collège, puis aller boire un verre à la sortie du lycée et aller en boite (« mais moi mon garçon tu crois que je sortais à ton age ?? »….. no coment.)
Tu voudras t’émanciper, simplement, et c’est normal. Je ne serai jamais prête pour ca. Et c’est normal. Tu seras toujours mon bébé.
Et déjà, déjà, je sens se profiler derrière ta moue boudeuse et tes « non, non, non » que tu énonces bien distinctement, le moment où tu m’aimeras un peu moins, ou de façon plus conditionnée.
Et même que parfois déjà, c’est ton père que tu préfères !
Tu l’appelles à tue tête dès qu’il n’est pas à la maison, tu le cherches partout, ton visage s’illumine au moment ou il passe la porte , et moi intérieurement je rêve de ces mêmes attentions envers moi tout autant que je me réjouis de vous savoir si complices.
Mais moi je suis celle à qui tu refuse de dire au revoir quand elle part au travail, celle à qui tu refuse tes bisous, celle que tu mène par le bout du nez, celle à qui tu t’oppose et à qui tu dit « non ! » pour tout et tout le temps.
Je me rassure comme je peux en me disant que si tu te permets tout ça c’est parce que je suis aussi celle avec qui tu te sens suffisamment en sécurité pour le faire , je suis celle que tu juges digne de confiance pour tester tes propres limites et baisser ta garde, celle à qui tu n’as pas peur de t’opposer car tu sais qu’elle ne t’en voudras jamais bien longtemps.
Et pourtant ca me fend le cœur de m’opposer à toi. Et tu sais me montrer que tu n’es pas d’accord, tu joues sur la corde sensible avec les yeux qui vont bien, la bouche qui se courbe et tout et tout, comme pour de vrai ! Et au fond de moi j’aimerai tellement répondre à toutes tes envies et toutes tes attentes : un gateau au chocolat à 19h, regarder la télé 10 min de plus, quelques passe-droit qui me valent le plus beau des sourires et qui, en soit, sont sans conséquences.
Mais jusqu’à quel point ? Et c’est à ce moment-là, très précisément que le mot « éducation » a pris tout son sens, jusque-là c’était du gateau, les doigts dans le nez, défi relevé et mission accomplie haut la main (peau de lapin ^^). Mais là on rentre dans le dur, on négocie, on bataille, chacun avance ses armes et ses arguments, chaque soirée devient une guerre à gagner… ok j’exagère… quoi que ….
2h à passer avec toi et je souhaite plus que tout qu’elles se passent le plus sereinement possible, je veux que tu profites de moi un peu (et moi de toi surtout), que tu manges bien pour te coucher le ventre plein (conseil de grand-mère oblige), que tu joues un peu mais calmement pour ne pas être sur 100 mille volts avant le dodo, t’entendre rire dans toute la maison et plus que tout, je veux de l’amour inconditionnel en barre !
Le jour de ta naissance je me suis fait une promesse, te faire rire chaque jour et que jamais tu ne te couches le cœur lourd. Alors chaque soir malgré la fatigue de la journée, malgré les pleurs quand tu ne veux pas quitter ta nounou ou sortir du bain, malgré les cuillères de purées renversées et les pyjamas tachés, malgré les difficiles négociations, je baisse à mon tour ma garde, j’oublie un instant de compter les points, je pardonne, je te dis en te couchant « tu sais combien je t’aime ? », par jeu tu me réponds « naaaan ! » avec un sourire en coin presque pour me provoquer, je te chatouille , tu ris aux éclats comme pour me dire que toi aussi tu me pardonnes toutes les batailles de la journée. Ton cœur est léger, le mien aussi. Bonne nuit mon ange.

Mon ange 17012017-13
Photo : Xavier Mouton Photographie
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