Mois avant toi #1

Photo : Xavier Mouton Photographie

On en est à 20 semaines toi et moi, et comme pour me dire que tu es bien là, tu gigotes dans tous les sens depuis quelques jours.

On me dit que tu mesures à peu près la même taille qu’une banane mais pour moi tu seras à jamais une petite plume : arrivée tout en douceur, tu as virevolté un temps, nous laissant presque croire que tu allais te laisser porter au loin par le vent, avant de te poser finalement, sans bruit, délicatement.

C’était il y a 4 mois déjà, c’était hier, c’était il y a une éternité.

Décembre. Le sapin qu’on a préparé fin Novembre cette année pour faire plaisir à Noé et la journée du pull de Noël démocratisée qui me pousse à courir les magasins pour dégoter le tricot parfait.

Les plus jolies boules de Noël du monde qui nous ont été offertes pour nos 3 mois de mariage et qui annonçaient déjà un joli présage, comme une promesse, l’avenir sera doux et léger.

Et 15 jours de retard. Rien d’alarmant puisque ça s’est déjà produit le mois dernier. Et puis je me le suis promis, je ne m’emballe pas, il a fallut un an pour que Noé s’installe alors cette fois, on ne m’y prendra plus, je ne ferais pas mille tests, je ne construirais pas de chateau en Espagne ou même ailleurs pour quelques jours de retard, je ne fondrais pas en larme à chaque négatif décevant. Promis, juré, cette fois, je laisse le temps prendre son temps ! Mais le doute qui s’installe, l’idée qui s’insinue, vous savez comme la toupie dans Inception. Et puis 2 traits roses dans un carré blanc à 6h du matin et un chiffre quelques heures plus tard : 4432 – 3 à 4 semaines. Tu es là !

Je me repasse en boucle les 3 dernières semaines et fais le décompte des verres trop remplis et trop alcoolisés, des cigarettes fumées sans raison (en faut il réellement ?), de tout ce que je ne n’aurais pas dû mais qui a été. Quelle idiote je suis ! Tu es là n’est ce pas ? Tu ne m’en veux pas ? Pardonne moi, je ne savais pas, j’aurais du savoir mais je ne savais pas.

Et puis le premier coup de vent qui menace de te faire voler ma petite plume : le chiffre annoncé semble trop bas d’un point de vue chronologique, je n’entends plus rien après la question, posée là presque innocemment, « évolutive ? ». Ce mot résonne, encore et encore en moi. Nouvelle prise de sang « juste pour confirmer » et nouveau chiffre… rassurant ! Le vent cesse de souffler.

Les fêtes de fin d’année passent, les nausées me poussent à renoncer à tous mes plats préférés et je trinque (sobrement) à cette nouvelle année !

Janvier. On tire les rois, on joue les indiens au Buffalo pour la première fois avec Noé qu’on se promet de ne pas délaisser et on commence à penser à notre week end à Londres qui approche. Mon ventre s’arrondi déjà, plus vite que la dernière fois, et les nausées sont là, à l’inverse de la dernière fois. C’est fou ce besoin, ce réflexe qui nous pousse à comparer sans cesse, pour quoi ? Se rassurer ? Se conforter ? Parier en se disant que c’est peut être une fille et que c’est ce qui expliquerait que tout soit si différent ? Malgré tout, ça n’enlève rien, ça ne soulage rien, elles sont là ces foutues nausées, de celles qui ne laissent pas de répit. Elles sont là le matin au réveil, à midi quand j’ai faim, à 14h quand j’ai mangé, le soir au coucher et même la nuit, quand je me tourne, et là elles se paient même le luxe de venir accompagnées de quelques vertiges, et j’ai comme l’impression de tourner au dessus du matelas, comme après une soirée un peu trop arrosée, quand on ne sait plus pourquoi on rigole et que tout nous parait léger d’un coup. Et pourtant je vous assure qu’il n’y a plus grand chose d’autre que la cristalline qui arrose mes soirées.

2ème mois, 2ème tempête. Le vent se lève de nouveau et fait tout vaciller. La bourrasque prend la forme de ton silence et laisse une trace d’encre sur ton dossier immaculé « Bruit du coeur : non perçus. Echo-controle ». Je sors du cabinet de la sage femme en pleurs. Il faut appeler la nounou, qu’on lui dépose Noé et qu’on file à la maternité. Je sers le dossier contre mon coeur comme pour te retenir, je sanglote dans l’interphone des urgences, l’interne me répond « Vous êtes passées par le bureau des admissions ? », Non et en fait je m’en fous d’être admise ou non, prenez juste vos clics et vos clacs et dites moi que tout va bien, on verra la paperasse après ! Le docteur Lecoeur (ça ne s’invente pas hein ?) calme tous les vents du globe en une seconde, tu es là, bien là, ton petit cœur court aussi vite qu’un cheval au galop et tu bondis dans tous les sens. Le vent s’est calmé et j’ai repris mon souffle.

On part à Londres tous les 2 et demi et le ferry encourage mes nausées.

Au retour, ta première « photo » officielle, celle qui pose des dates : de terme et de congés, celle qui nous dit que tu seras un bébé d’été, un petit Lion probablement.

Février. On fait sauter les crêpes 3 jours après tout le monde et je me prépare à souffler un vent joyeux sur mes 31 bougies.

On imagine les travaux a faire a la maison pour préparer ton arrivée, de quelle couleur repeindre ta chambre ?

Février est doux et léger, pour fêter tes 3 mois avec nous comme on fêtait nos noces de plumes 3 mois auparavant. La boucle est bouclée.

Mars. Son Printemps et son changement d’heure. Fini les nausées et les tempêtes, on se surprend même à tenter quelques achats, taille 1 mois, qui paraissent minuscules a côté de ton Grand frère.

Et toi qui gigote au creux de moi comme pour me rassurer. Tout va bien, tout ira bien.

Xavier Mouton Photographie
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Match nul 

Etre maman c’est une joie incommensurable, un bonheur indescriptible, mais c’est aussi un douloureux combat. Un combat de tous les jours, une lutte acharnée, sans relâche, sans temps mort.

Une lutte avec soi d’abord, et puis avec les autres et la vie.

La cloche sonne, on monte sur le ring, sans trop savoir à quoi ressemble l’adversaire.

Premier round.

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Noces de paillettes et tralala

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Il y a eu toute cette année de préparatifs.

Les traiteurs comparés et passés au crible de mes tableaux Excel, les essayages, les doutes, les restrictions de budget et les concessions, les choix, les chèques, les soirées passées sur Pinterest en quête d’inspiration, il y a eu quatre semaines de vacances avant et une après, il y a eu des larmes de joie, il y a eu la pluie et la robe trempée, et moi qui remonte cette allée, il y a eu cette journée où tout est passée beaucoup trop vite, mais ou tout à été parfait.
Un mois déjà de paillettes dans les yeux et dans le coeur.

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Tu es mon « nous »

Ça a commencé comme ça, toi et moi, et nos passés qu’on choisit de rassembler.

On a commencé comme ça, on est devenu un couple.

On était jeunes, un peu gamins, on se prenait déjà pour des adultes, à faire comme si on avait de grandes responsabilités et de vraies questions de grandes personnes, mais la seule responsabilité qu’on n’ait jamais eu jusque-là, c’était la nôtre : est-ce que je vais bien aujourd’hui, est ce que je fais le meilleur choix pour moi-même, et toi mon cœur est ce que tu es ok avec ça ?

On était un couple. On est devenu parents, Est-ce que ça nous a fait changer ? Un peu forcément.

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Et de l’amour inconditionnel

 

Mon ange 17012017-6
Photo : Xavier Mouton Photographie

Ca fait 6 mois que je ne suis pas venue par ici, que je n’ai rien écrit.
J’ai eu du mal à m’y mettre. Non pas que je n’ai pas d’idées, elles trottent partout : dans ma tête, sur des post it, dans mes carnets et sur mon portable.
Non pas parce qu’il m’est difficile d’écrire sur toi, ou parce que je refuse de voir le temps qui passe, encore moins parce que je n’y accorde pas d’importance, non c’est justement tout l’inverse.Lire la suite »