Match nul 

Etre maman c’est une joie incommensurable, un bonheur indescriptible, mais c’est aussi un douloureux combat. Un combat de tous les jours, une lutte acharnée, sans relâche, sans temps mort.

Une lutte avec soi d’abord, et puis avec les autres et la vie.

La cloche sonne, on monte sur le ring, sans trop savoir à quoi ressemble l’adversaire.

Premier round.

Après 9 mois de préparation intensive, de musculation inconsciente, le corps s’est préparé pour la bataille « ultime » (ça c’est ce qu’on croit, jusqu’au moment où on comprend qu’elle ne sera que le commencement…). Il faut réunir toutes ses forces , physiques et mentales, l’énergie pour tenir la distance, ne rien lacher jusqu’à la délivrance. Premier round, première victoire, première récompense. Un partout, balle au centre.

Et puis le second round : le supplice de la fatigue. Cédera, cédera pas ? L’instinct maternel dont nous sommes dotées nous fait rentrer dans la course tête baissée. Et puis l’entourage, les conseils tous plus compatissants les uns que les autres nous font douter : »il faut qu’il fasse ses poumons », « tu lui donnes de mauvaises habitudes à accourir comme ca », « pleurer ca n’a jamais fait de mal ». Et pourtant nous nous levons, autant de fois qu’il le faut, chaque nuit, aussi longtemps que nécessaire. L’espace d’un instant, on pense avoir perdu l’avantage mais avec le recul qui va bien (quelques mois, quelques années), on a enfin la réponse à nos doutes : le halo de sérénité et de sécurité dont notre enfant sera entouré vaudra bien quelques nuits blanches.

Une pause, on reprend des forces et notre souffle, et le combat continu de plus belle.

Troisième round.

Concilier vie professionnelle et vie de maman, courir après le temps, s’en vouloir de laisser son enfant à une autre, vouloir lui dire que si on travaille tant et si finalement on le voit si peu, c’est parce qu’on ne veut que son bonheur. Comment expliquer un tel paradoxe ? Ne jamais savoir si on fait bien ou non, se remettre en question chaque jour, chaque minute, se demander si une autre aurait su faire, aurait mieux fait, se demander si les autres vivent la même chose. Avoir le sentiment de devoir tout justifier et de devoir faire ses preuves, un peu comme faire un créneau le jour du permis de conduire.

Quatrième round et les choses se compliquent, notre moteur, notre meilleur allié devient l’adversaire. Il sait dire « non », à bon escient, à forte dose et à tout prix. Il sait ce qu’il veut ou en l’occurrence, ce qu’il ne veut pas. Et la liste est longue.

Non pas de bain et puis Non pour en sortir. Non pas de chaussures ou plutot Non pas celles là. Pas manger, pas dormir, pas sortir, pas rentrer, pas bisous, pas maman, Non pas ca, Non, Non et Non ! Net, clair et précis !

Et derrière chaque « non », tenter de comprendre, de jauger, de démêler le vrai du faux, de ménager et de négocier, d’expliquer. Jouer la stratégie et proposer des choix plutôt que de choisir la confrontation, lui donner le sentiment que c’est lui qui décide plutôt que d’imposer. Et toujours garder à l’esprit que ça va passer pour ne pas craquer. Même les soirs de « pas le temps », même s’il faut se laver/manger/s’habiller (rayer les mentions inutiles) trouver la force et la patience de trouver des compromis. Tu veux un biberon ce soir ? mieux vaut ça qu’avoir le ventre vide non ? Qui saura que tes chaussettes ne sont pas assorties ?

Et si à ce stade le secret de la victoire c’est justement de ne pas chercher à l’emporter ? S’associer pour gagner chaque étape ensemble et non l’un contre l’autre. Lui fournir les armes pour affronter avec ou sans nous d’autres combats bien plus terrifiants. Certains appelleront ça ‘l’éducation positive’, ‘le lâcher prise’, d’autres parleront de laxisme ou diront qu’il a eu le dernier mot. Peu importe l’étiquette que vous lui collez, en tout cas c’est notre façon à nous de gérer au mieux pour que chacun trouve sa place. Pas de vainqueurs ni de perdants, la seule vraie victoire, la seule raison d’être de ce combat de longue haleine c’est de le voir grandir et s’épanouir.

Dans un monde parfait, on aurait toutes un coach qui nous poserait une serviette éponge autour du cou et nous ferait boire une gorgée d’eau le temps qu’on reprenne un peu nos esprits. Il nous donnerait une tape paternelle sur la joue entre deux rounds et réussirait à nous convaincre que rien n’est jamais perdu d’avance tant que la cloche n’a pas sonné trois fois.

Dans un monde parfait, ce coach il nous dirait qu’il n’y a pas de recette miracle, ni de mode d’emploi livré avec le colis, il nous dirait d’être endurante car tout n’est que temporaire. Et il nous glisserait un petit mot dans la poche, un message qu’on garderait sous notre oreiller pour les jours de moins bien, les jours de doutes et de fatigue.

« Fais comme tu le sens ma grande, sois la mère que tu veux être, tu n’es pas parfaite, ni irréprochable, tu n’es pas infaillible, mais tu as la seule et unique arme dont tu as besoin : c’est tout l’amour que tu lui porte. 

A toi, qui travaille 40h par semaine et qui culpabilise de laisser ton enfant chez la nourrice, qui aimerait lui dire que si tu travaille autant et le voit si peu c’est pour lui assurer un avenir lumineux.

A toi, qui ne « travaille » pas, par choix ou par obligation, qui reste à la maison et t’occupe pleinement de ton petit mais qui, parfois ne trouve pas ta place dans cette société carriériste.

A toi qui ose avouer que tu aimerais, parfois, prendre un peu de temps pour toi, laisser mari et enfant pour t’envoler loin, l’espace d’une journée, d’une heure, d’une minute. Qui a du mal à trouver ta place entre ces multiples casquettes de femme, mère, épouse, working girl, et qui demande juste à mettre « pause ».

A toi qui allaite et aussi à toi qui n’allaite pas, A toi qui te lève 20 fois par nuit ou choisis le lit commun, A toi qui malgré tout l’instinct maternel dont la nature t’a doté, te sens par moment désemparée face aux pleurs de ton tout petit. 

A toi qui doit trouver le juste équilibre entre bienveillance et fermeté, qui met ta patience à l’épreuve chaque jour, qui joue à « double face » , docteur Jekill et Mister Hide, qui se laisse attendrir par un regard charmeur mais doit garder le cap de tes principes.

A toi qui a le sentiment de devoir faire tes preuves chaque jours et justifier tes choix prouver au monde autour que tu es une bonne mère.

Fais comme tu le sens ma grande, sois la mère que tu veux être et tu auras déjà gagné. Tu mérite toutes les médailles et les coupes car tu mène la bataille la plus rude au monde « 

La lutte sera longue pour affronter les doutes, les opinions des autres et la vie, pour l’affronter lui aussi parfois. Il y aura d’autres rounds, plus ou moins éprouvants, laissant plus ou moins de cicatrices mais je suis prête et je continuerais de monter sur le ring, avec la même foi et le même amour.

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Noces de paillettes et tralala

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Il y a eu toute cette année de préparatifs.

Les traiteurs comparés et passés au crible de mes tableaux Excel, les essayages, les doutes, les restrictions de budget et les concessions, les choix, les chèques, les soirées passées sur Pinterest en quête d’inspiration, il y a eu quatre semaines de vacances avant et une après, il y a eu des larmes de joie, il y a eu la pluie et la robe trempée, et moi qui remonte cette allée, il y a eu cette journée où tout est passée beaucoup trop vite, mais ou tout à été parfait.
Un mois déjà de paillettes dans les yeux et dans le coeur.

Il faudrait une vingtaine d’articles au bas mot pour vous conter en détails ce que l’année écoulée aura été de stress et de sueur.

Il en faudrait au moins autant pour tout raconter de cette seule journée durant laquelle j’ai eu l’impression d’en vivre mille !

Il m’a fallu un mois pour accuser le coup, revenir à la réalité. Je n’ai pas eu de baby-blues (du moins je ne crois pas) après la naissance de Noé, alors le destin s’est sûrement dit qu’il fallait réparer cet oubli, il m’a envoyé un wedding blues bien carabiné pour compenser !
Il est comme ça le destin, il te fait une fleur a un moment pour te faire payer l’addition un peu plus tard !

Mais voilà, j’en suis revenue, plus forte, manucurée au semi-permanent, les cheveux encore trop long, plus fatiguée que jamais, la bague au doigt et la corde au coeur, et portant un nouveau nom.

Madame M depuis un mois et des paillettes.

Je me suis réveillée mademoiselle et me suis endormie madame.
Ça fait presque prendre 10 ans d’un coup dit comme ça.
C’était la journée la plus idéalisée et la plus surprenante de ma vie.
On a réussi ! On a tout construit pièce par pièce, on a réfléchi et dessiné chaque seconde de cette journée. Pour qu’elle nous ressemble et que les personnes présentes s’y sentent bien.
Je crois qu’on a tenu le pari !

Les albums ne sont pas encore fait, ma robe a été lavée et re-salie, le voyage de noces n’est pas encore réservé, le livre d’or et les cartes ont été lus et relus, on prend notre temps maintenant qu’on n’a plus de date butoir a respecter. Et c’est peut être ça le plus compliqué, vivre sans échéance, sans planning, sans agenda collé au mur et sans devis a confirmer.
Il faut se pencher sur un nouveau projet a ce qu’il paraît alors je me mets en quête de tout vous raconter.

Vous êtes prêts ?

Madame M.

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Tu es mon « nous »

Ça a commencé comme ça, toi et moi, et nos passés qu’on choisit de rassembler.

On a commencé comme ça, on est devenu un couple.

On était jeunes, un peu gamins, on se prenait déjà pour des adultes, à faire comme si on avait de grandes responsabilités et de vraies questions de grandes personnes, mais la seule responsabilité qu’on n’ait jamais eu jusque-là, c’était la nôtre : est-ce que je vais bien aujourd’hui, est ce que je fais le meilleur choix pour moi-même, et toi mon cœur est ce que tu es ok avec ça ?

On était un couple. On est devenu parents, Est-ce que ça nous a fait changer ? Un peu forcément.

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Et de l’amour inconditionnel

 

Mon ange 17012017-6
Photo : Xavier Mouton Photographie

Ca fait 6 mois que je ne suis pas venue par ici, que je n’ai rien écrit.
J’ai eu du mal à m’y mettre. Non pas que je n’ai pas d’idées, elles trottent partout : dans ma tête, sur des post it, dans mes carnets et sur mon portable.
Non pas parce qu’il m’est difficile d’écrire sur toi, ou parce que je refuse de voir le temps qui passe, encore moins parce que je n’y accorde pas d’importance, non c’est justement tout l’inverse.Lire la suite »