La princesse et la coccinelle  (noces de plumes)

« Et sinon le mariage toi tu en pense quoi ? »
Ça fait à peine un mois qu’on sort officiellement ensemble et ça débarque là comme ça, entre une discussion sur la religion et une autre sur les phénomènes surnaturels probablement. Lovés l’un contre l’autre, certainement, vu qu’on ne se « décollent » plus depuis qu’on s’est trouvé, j’essaie de faire passer ça pour une question banale mais au fond de moi je prie pour que la réponse soit à la hauteur de mes attentes.

Et nous y voilà, 5 ans et un bébé plus tard, 5 ans après cette question, je me retrouve à trinquer au get 27 assise à une table, débarrassée mais qui garde les traces d’un repas bien arrosé, une étiquette-marque-place un peu froissée à ma droite, une bougie chauffe plat consumée  à ma gauche et les plus tenaces de nos invités autour de moi, en me disant que rien n’aurait pu être plus parfait.
Alors oui on n’a rien fait dans les règles de l’art, on a juste fait comme on en avait envie. Il n’y a pas eu de demande officielle, on est devenu parents avant d’être mari et femme, on a fait un enterrement de vies de célibataires en commun car ça fait bien longtemps qu’on est trop fusionnels pour faire les choses séparément, on a dormi ensemble la veille, on n’a pas prévu de jarretière ni de cérémonie à l’église. 

J’ai pourtant grandi biberonnée aux princesses Disney et à la trilogie de Sissi l’imépratrice que TF1 diffusait à chaque Noël. Je rêvais donc, comme toutes les petites filles qui ont eu 10ans dans les années 90, de la robe frou-frou-meringue (vous savez celle de Belle ou de Cendrillon) celle qui tient sur 15 cerceaux, du diadème (qui brille et scintille), du voile, de la looooooongue traine et pourquoi pas des pantoufles de verre. 

Mais les années 90 ont passé, mes 30 ans ont débarqué et j’ai finalement rêvé de tout autre chose quand le jour J est arrivé.

On a vécu notre mariage pour nous, comme la journée unique que ça représente, on a tout fait comme si on ne vivait cette journée qu’une fois dans nos vies parce qu’on a encore la folle sagesse de croire à des mythes un peu poussiéreux comme l’engagement, la fidélité, le respect, le « oui pour la vie, pour le meilleur et aussi, surtout, parce qu’il faut bien être réaliste, pour tout le pire ».
Et nous y voilà, 5 ans et un bébé plus tard, 5 ans après cette question.  Il est 6h, l’alarme de mon téléphone n’a pas eu le temps de sonner, on n’a pas dormi de la nuit, ou peut-être seulement somnolé par tranches de 10 minutes. Je suis plus excitée qu’une puce une veille de rentrée des classes ou de voyage scolaire. Je descends faire chauffer le biberon de Noé, nos témoins dorment au rez de chaussé. Je remonte sur la pointe des pieds. Biberon, bébé, papa, ok ! Je file dans la salle de bain.

La Coiffeuse est matinale, il faut dire qu’elle et l’esthéticienne ont un sacré planning : 7 nanas indécises et survoltées à pomponner en une matinée, défi accepté et relevé haut la main ! 

On court et on se croise dans les escaliers de ce gigantesque gîte aux allures de château (la princesse Disney que je rêvais d’être n’est pas partie bien loin quand même).

Je tiens jusqu’à 11h30 avant de verser ma première larme au moment de passer ma robe, entourée de mes témoins. Elles sont là, après 20 ans d’amitié, des hauts et des bas, des chemins de vie différents, des déceptions parfois. Malgré tout ce qui fait qu’on aurait pu se perdre de vue 100 fois, malgré que je me sois emportée à 10 jours du mariage, elles sont là. Elles ne sont pas parfaites, elles ne l’ont pas été durant cette année mais qui suis-je pour le leur reprocher. Elles sont là ponctuelles et aux petits soins, souriantes et rassurantes. Et c’est tout ce qui compte.

Nous y voilà pour de vrai, lui et moi en tenues officielles, pour un peu on se croirait presque prêts à fouler le tapis rouge un jour de mai à Cannes. On pleure et on rit en même temps, on ne sait plus trop lequel des deux l’emporte. Ce moment, juste là, cette parenthèse dans cette folle journée, a le gout des premières fois, c’est intimidant comme un premier rencard, exaltant comme une première nuit à deux, frissonnant comme un premier baiser, je découvre mon mari pour la première fois.

Très vite le timing et le planning nous rattrapent, on avale en vitesse 3 bouchées d’un sandwich (on n’est plus a un repas diet-less près), une dernière retouche maquillage et on monte dans notre joli carrosse : notre citrouille aura des aires de coccinelle aujourd’hui, d’un blanc immaculé et sobrement décorée (parce que vous l’aurez compris la fleur-ventouse gigantesque et indécente trônant sur le capot ce n’est définitivement pas notre truc). Notre chauffeur mélange avec une précision extrême sérieux et humour pour nous mettre a l’aise, le cortège s’élance, en route vers nos noces mon amoureux ! 

Autre château, autre ambiance, la pluie joue les invités surprise et se paye une place de choix pour voir arriver les héros du jour : déluge au pied de la mairie, je m’extirpe tant bien que mal de ma coccinelle (pourtant porte bonheur), mon frère tient le parapluie, mon homme me tient la main et je tiens ma robe pour la sauver des eaux. Comique de situation garanti ! Mais il en faudrait bien plus pour entacher mon entrain, rien à foutre aujourd’hui je me marie ! 

Tout passe à une allure folle, les invités qui s’entassent dans la salle qu’on imaginait à l’avance trop petite, l’adjoint au maire presque aussi émue que nous qui énonce les formalités, les signatures, le bisou, Noé qui monte sur mes genoux puis la sortie, la descente des marches en tant que Mr et Mme, bonjour à tous ceux qu’on n’a pas encore vu, quelques photos et nous voila de nouveau portés dans notre carrosse, volant vers notre vraie cérémonie. 

Parce que pour nous le plus important, au fond, ce n’est pas cette gribouille sur un joli papier aux enluminures de l’état, ce n’est pas ces nouveaux articles sensés régir notre vie de couple, le plus fort et le plus solennel c’est de se dire combien on s’aime, avec les mots, avec le cœur et les yeux, se dire qu’on accepte d’avance tout ce qui ira de travers encore plus que ce qui roulera sans qu’on y pense. 

Je ne voulais pas d’église, tu m’as offert un ciel ouvert pour échanger nos vœux, je ne voulais pas de prêtre ni de prières, j’ai reçu les déclarations d’amour et d’amitié les plus touchantes qui soient, je ne voulais pas de cierges, tu as planté un olivier comme témoin intemporel de notre engagement. 

On remonte l’allée, les yeux rouges et le sourire scintillant, main dans la main, tu es mon mari, je suis ta femme !

Les bulles et les félicitations coulent à flots, un petit mot à chacun, un petit four au passage et à la nôtre ! On trinque à l’amour, à la vie, et même à la pluie ! 

On s’éclipse le temps d’une séance photo sous les pommiers, l’occasion de te serrer fort dans mes bras et de te dire combien je suis heureuse, de souffler un peu aussi, on ne se sera finalement jamais aussi peu vus que durant cette journée sensée nous unir, quelle ironie !

La nuit tombe déjà, il est temps de passer à table, même si nous concernant, on sera plus debout qu’assis et je me félicite intérieurement d’avoir pensé à investir dans une paire de ballerines plates que je me presse de substituer à mes pantoufles de verre ! C’est moins glamour je vous l’accorde mais il faut encore que je tienne quelques heures alors au diable la coquetterie !

Une chanson de Goldman revisitée pour l’occasion, puis un jeu de chaises musicales et les dés sont jetés : nous irons donc manger une raclette chez nos amis bordelais en mars,  des crêpes chez ma cousine en février, un pique-nique en juin et un barbecue en juillet, autant vous dire qu’on n’envisagera pas de régime durant les 12 prochains mois !

« Fireworks » pour l’arrivée du dessert, « Thinking out loud » pour débuter notre ouverture de bal, le traditionnel Madison et l’incontournable « Lacs du Connemara », hissé au rang d’hymne national depuis notre week end d’enterrement de vies de célibataires (no comment).

Il est 5h, la bouteille de Get est vide, les bougies sont éteintes, et les fleurs commencent à avoir chaud, Noé dort depuis qu’on l’a couché pour la sieste à 17h et ne s’est pas réveillé de la soirée.

Dans 1h il se réveillera, on le portera dans le lit de son parrain pour « profiter » de quelques minutes de sommeil en plus.

On passera la journée du dimanche au radar de n’avoir dormi que 3h en 3 jours, belle moyenne, à ne plus savoir comment remercier nos merveilleux invités d’être présents aujourd’hui et dans nos vies, et à ruser d’ingéniosité pour faire rentrer de nouveau dans les camions toutes ces heures de préparatifs qui sont déjà des souvenirs.

Finir en lisant le livre d’or, pleurer encore, de joie et d’émotion.

J’ai quand même eu la robe de princesse (les cerceaux et le diadème en moins), l’ouverture de bal à faire pâlir Patrick Swayze et John Travolta et la pyramide de macarons. J’ai pleuré autant qu’il a plu, j’ai mangé aussi peu que j’ai dormi, et pour la blague, on n’a finalement pas pu s’assoir sur les 100 housses de chaises. Je voulais un mariage, tu m’as offert un nom, une famille et un rêve éveillé.

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À nos yeux fermés et nos sourires ratés !

J’ai tendance à toujours râler un peu quand il sort son appareil. C’est jamais le bon jour, le bon moment, j’ai pas les bonnes fringues, la bonne coiffure, j’ai trop de cernes, pas assez de bronzage, je suis pas d’humeur, tout y passe.
Je râle aussi quand il me demande de prendre la pose ou me dit d’arrêter de faire des grimaces.

Je suis pas photogénique de nature et ça m’énerve, je ne suis pas le genre de fille qui est belle au naturel et en toute circonstance. J’ai besoin d’être préparée physiquement et psychologiquement surtout. Je ne suis pas le genre « Barney Stinson » qui se plaque un sourire Colgate parfait quelque soit le profil.

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Demain est déjà un jour parfait. 

Dimanche soir 22h.
Je pleure sans pouvoir m’arrêter. Trop d’émotions et de fatigue à gérer, trop d’amour reçu en trop peu de temps pour bien le digérer, c’est pas simple quand on n’est pas habitué, il devrait y avoir une mise en garde sur la boite :  » Pas de plus de 10 déclarations par périodes de 24h, effets secondaires imprévisibles ».

Cette soirée marque la fin et le commencement. Un peu comme un accouchement, mais qui aurait duré 3 jours (ou un an selon le point de vue), et ça non plus je suis pas tellement habituée. Et paradoxalement l’impression de ne pas en avoir suffisamment profité.

Alors, on rembobine ?

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Voilà à quel point nous nous aimons

Par quoi et par où  commencer quand on souhaite raconter la journée de son mariage ?
Je pourrais commencer par vous dire ce que vous savez probablement déjà : réveil 6h, café, maquillage, coiffure, robe, kleenex, pluie, mairie 14h, pluie, cérémonie, vin d’honneur et « A la notre », bisous, pluie, repas, Champagne ! Alors oui bien sur j’y viendrai…. mais plus tard !

Parce qu’il vaut mieux commencer par le commencement et en toutes circonstances mon commencement c’est Lui.

Lui tout entier, avec toutes les qualités qu’il se refuse à voir et tous les défauts que je lui connais.

Au risque de faire tomber un mythe, mon mari n’est pas un homme parfait : il ne m’offre pas de fleurs (ou peu souvent), il ne sait pas cuisiner, il boude (parfois).

Mais il est tendre et aimant, il sait jouer de la guitare, il a accepté de s’entraîner des heures durant pour faire avec moi l’ouverture de bal dont je rêvais et surtout, surtout, il m’a écrit les plus beaux voeux de la terre et je sais que chacun des mots y était plus que sincère.

Alors commençons par le commencement et une fois n’est pas coutume, c’est lui l’auteur de ce qui suit.
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Match nul 

Etre maman c’est une joie incommensurable, un bonheur indescriptible, mais c’est aussi un douloureux combat. Un combat de tous les jours, une lutte acharnée, sans relâche, sans temps mort.

Une lutte avec soi d’abord, et puis avec les autres et la vie.

La cloche sonne, on monte sur le ring, sans trop savoir à quoi ressemble l’adversaire.

Premier round.

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